Le 29 octobre prochain, je défendrai de nouveau à l’Assemblée nationale ma proposition de loi « pour défiscaliser les pensions alimentaires perçues et lutter contre la précarité des familles monoparentales ». Une loi féministe et de justice fiscale, destinée à rendre aux enfants l’argent qui leur revient et à combattre concrètement la pauvreté des mères isolées.
Approuvée le 19 novembre 2025 par la commission des affaires sociales, la loi arrivait dans l’hémicycle le 27 novembre avec une majorité possible. Mais l’extrême droite a multiplié les manœuvres d’obstruction sur le texte précédent, empêchant ainsi un vote d’avoir lieu… (mettre lien de mon discours). Le jeudi 29 octobre 2026, lors de la niche parlementaire de la France insoumise, je défendrai de nouveau le texte. Cette fois, chacun devra prendre ses responsabilités.
La pension alimentaire n’est pas un revenu
Notre proposition de loi repose sur un principe simple : une pension alimentaire n’est pas un revenu pour le parent qui la reçoit. C’est la contribution de l’autre parent aux besoins de l’enfant.
En France, une famille sur quatre est monoparentale et, dans 82 % des cas, une mère élève seule ses enfants. Pourtant, la pension qu’elle reçoit est imposée, tandis que le parent qui la verse la déduit de ses revenus. L’État taxe donc le foyer où vit l’enfant et accorde un avantage fiscal à l’autre. Un peu comme si le père payait la mère pour garder les enfants…
Cette injustice remonte aux années 1950, dans une société où le droit du divorce reposait encore sur la faute et où la femme divorcée était socialement stigmatisée. L’homme divorcé était, lui, présenté comme devant être fiscalement soutenu parce qu’il lui fallait entretenir « deux foyers ». Cette vieille représentation n’a pas disparu. En novembre 2025 encore, une députée macroniste justifiait la niche fiscale du parent payeur au motif qu’il serait « souvent déjà responsable d’un second foyer ». Soixante-dix ans plus tard, le vocabulaire a à peine changé : on reconnaît les charges du père, mais on invisibilise celles, quotidiennes, de la mère chez qui l’enfant vit.
Inverser cette logique patriarcale
Article 1 : D’abord, en défiscalisant intégralement les pensions perçues pour les enfants mineurs et pour les jeunes de moins de 25 ans poursuivant leurs études ou une formation;
Article 2 : ensuite en rendant automatique l’indexation des pensions sur l’inflation, afin que leur valeur ne diminue plus pendant que les prix de l’alimentation, des vêtements, de l’énergie et du logement augmentent;
Article 3 : enfin en augmentant l’allocation de soutien familial au taux plein pour tous, soit 265,50 euros par enfant au moment du dépôt du texte, afin de lutter réellement contre la pauvreté des familles monoparentales.
La défiscalisation représenterait environ 60 euros supplémentaires par mois pour les foyers imposés concernés. Pour près de 600 000 autres familles, la baisse du revenu fiscal de référence pourrait améliorer l’accès aux bourses du Crous, aux aides sociales ou aux tarifs de cantine. Cette réforme peut être financée par la suppression de la niche fiscale accordée au parent payeur ; elle pourrait même produire des recettes supplémentaires pour l’État.
Le 29 octobre, je porterai de nouveau ce texte avec les collectifs qui le font vivre depuis des années : la Collective des mères isolées, le Mouvement des mères isolées, les Mères Déter, le Collectif Moms Solo, la Fondation des Femmes et toutes les associations signataires de la pétition nationale, forte de plus de 40.000 signatures.
Rendez-vous le jeudi 29 octobre 2026 pour changer la vie !