Il y a une semaine, un seuil historique a été franchi. Les États-Unis ont lancé une guerre illégale et illégitime contre le Venezuela, en procédant à l’enlèvement du président d’un État souverain, Nicolás Maduro.
Le prétexte de la lutte contre le narcotrafic ne trompe personne. Il ne tient pas. Donald Trump l’a lui-même confirmé : ce qui est visé, c’est la mise sous tutelle coloniale du Venezuela, pour s’approprier ses ressources, son pétrole et ses minerais. Aujourd’hui, le message est limpide : se soumettre ou être frappé de nouvelles agressions militaires.
La voix d’Emmanuel Macron, qui cautionne Donald Trump, n’est pas la voix de la France : elle piétine le droit international et ouvre la voie à la loi du plus fort.
La peur qui paralyse aujourd’hui l’Europe se paiera cher.
Une Europe vassalisée, amputée de territoires, exploitée et soumise, est une Europe qui perd sa raison d’être. Une Europe qui accepte l’enlèvement d’un président aujourd’hui acceptera demain la mise sous tutelle de ses propres territoires. Emportée dans cette spirale de renoncements, l’Union européenne ne se réformera pas : elle se disloquera.
Mais nous ne sommes pas condamnés à la lâcheté.
Nous pouvons apprendre de la résistance populaire. Celle du peuple vénézuélien.
Celle de tous les peuples qui n’ont pas demandé la guerre, qui la subissent, et qui entrent dans les tourments de l’histoire du XXIᵉ siècle avec bravoure et honneur. Ces peuples nous rappellent que la dignité n’est jamais donnée : elle se conquiert.
Je veux aussi parler des femmes.
Partout où l’impérialisme frappe, les femmes sont prises en otage. Utilisées comme trophées de guerre. Déshumanisées par la violence, par l’humiliation, par la domination. Et pourtant, ce sont elles qui donnent la raison la plus profonde de résister.
L’impérialisme est antiféministe, par nature. Résister à l’impérialisme, c’est défendre la liberté, l’égalité et la dignité des femmes.
L’impérialisme est aussi raciste.
Au Venezuela, une caste a perdu sa domination grâce au peuple chaviste. Et cette caste, pour revenir au pouvoir, s’allie aujourd’hui avec le pire de ce que produit l’impérialisme nord-américain.
Le chavisme, c’est la résistance à l’impérialisme. Le chavisme est antiraciste. Le chavisme est souverainiste. Et le chavisme ne meurt jamais.
Les femmes et les hommes tués lors de l’assaut et des bombardements sont des martyrs ; leurs noms resteront dans la grande histoire, celle que Simón Bolívar a marquée, celle que Hugo Chávez a marquée.
C’est pourquoi La France insoumise exige le respect absolu de la souveraineté du Venezuela et du droit de son peuple à choisir ses dirigeants. Nous exigeons la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse, la garantie pleine et entière de leur sécurité, et leur retour immédiat et sans condition sur le sol vénézuélien.
Enfin, nous appelons à la mobilisation. À participer aux rassemblements partout en France en solidarité avec le peuple vénézuélien. Céder aujourd’hui, c’est accepter demain l’inacceptable.