Chers amis, chers camarades,

Chère Nadège

Merci d’être là ce soir. Merci pour votre présence, pour l’accueil, pour cette chaleur qui n’est pas seulement militante mais profondément humaine. Une cérémonie de vœux, ce n’est pas qu’un rituel politique : c’est un moment où l’on se retrouve, où l’on se parle, où l’on mesure ce qui nous relie.

Si je devais donner un fil conducteur à ce moment, ce serait celui de l’amitié.


L’amitié entre les personnes, d’abord, celle qui se construit dans les combats partagés, dans les coups durs, dans les moments où l’on se soutient sans calcul.


L’amitié au sein d’un quartier, d’une commune, d’un territoire, faite de liens concrets, de solidarités quotidiennes, de vies entremêlées.
L’amitié politique aussi, celle qui suppose la loyauté, la parole tenue, le respect des engagements pris ensemble.


Et enfin l’amitié entre les peuples, qui repose sur le refus de la domination, sur le respect du droit, sur la reconnaissance de l’égale dignité de toutes et tous.

Ce soir, cette idée de l’amitié, à mes yeux, prend un visage : celui de Nadège Abomangoli.

Nadège est vice-présidente de l’Assemblée nationale. Et ce n’est pas un détail. Parce qu’elle n’incarne pas cette fonction comme une distinction personnelle, mais comme un lien.

Un lien entre l’institution et le pays réel. Un lien entre l’hémicycle et les quartiers populaires. Un lien entre Paris, la Seine-Saint-Denis, et toutes celles et ceux que l’on n’entend pas assez.

L’amitié, en politique, ne consiste pas à se taire pour préserver des équilibres. Elle consiste à se dire la vérité. À se parler franchement. À nommer les choses. C’est ce que Nadège fait. Elle porte une parole fidèle, non pas à des postures, mais à des vies, à des combats, à des engagements. Une parole qui ne se couche pas, parce qu’elle sait d’où elle vient et pour qui elle parle.

Nommer les choses, c’est une forme de respect. C’est refuser le mensonge. C’est refuser l’hypocrisie. C’est refuser de travestir la réalité pour rester dans le confort. Et cette franchise-là est au cœur de l’amitié politique.

Depuis les dernières élections législatives, nous vivons une situation où cette franchise est plus que jamais nécessaire. Emmanuel Macron impose sa politique contre la volonté populaire. Il a perdu les élections de juillet 2024 : il est désavoué, lui et sa politique. Il nomme des ministres dont personnes ne veut, et qu’on ne connait. Barnier a été censuré, Bayrou est parti avant de l’être. Et voilà que Lecornu gouverne sans majorité, sans consentement populaire mais avec l’appui d’une minorité qui qui fait tout pour maintenir ses places et ses privilèges.

Le recours au 49.3 sur le budget 2026 en est une illustration. Il avait promis de ne pas passer en force ; il avait dit que sans vote, il se retirerait. Il a menti. Ils mentent sans vergogne. Nous avons fait ce que nous pouvons et ce que nous devons faire face : déposer une motion de censure. Qui a été votée aujourd’hui même. 29e 49.3, 29e Motion de censure !

Parce que rester fidèles à nos engagements, c’est ne pas s’habituer à l’inacceptable. C’est continuer à dire non quand la démocratie est bafouée.

Dans ce combat, les écologistes et les communistes votent avec nous. Ils font vivre une amitié de lutte, une fidélité aux électeurs, au programme partagé, aux espoirs placés dans le Nouveau Front populaire. Et il faut aussi avoir le courage de nommer ce qui se passe quand cette amitié est rompue.

Quand le Parti socialiste choisit de ne pas voter la censure, ce n’est pas un simple désaccord tactique. C’est une rupture. Une rupture de l’amitié de la lutte. Et cette rupture porte un nom : la trahison.

La trahison, ce n’est pas un mot excessif. La trahison, c’est trahir les électeurs qui ont cru à une parole commune. C’est trahir un programme écrit et défendu ensemble. C’est trahir des liens humains tissés dans les campagnes, dans les quartiers, dans les mobilisations. C’est choisir les intérêts privés contre l’intérêt général, le mensonge contre la vérité, la lâcheté contre le courage, l’immoral contre l’éthique.

Trahir un ami, un allié, un électeur, ce n’est jamais anodin. C’est saccager le commun. C’est abîmer la confiance. C’est fracturer l’union. Et dans une période aussi dure socialement, démocratiquement, humainement, c’est une faute grave.

Mais l’amitié politique ne s’arrête pas aux partis. Elle se vit aussi dans les territoires. Ici, entre Paris et sa proche banlieue, cette amitié est une réalité quotidienne. Ce sont des familles qui vivent d’un côté et travaillent de l’autre. Ce sont des enfants scolarisés ailleurs que là où ils dorment. Ce sont des solidarités associatives, culturelles, militantes, qui traversent le périphérique sans même y penser.

Paris et la Seine-Saint-Denis ne sont pas deux mondes séparés. Ce sont des vies mêlées. Et quand l’un souffre, l’autre souffre aussi. On ne construit rien en opposant la capitale à sa banlieue. On ne construit que par la coopération, par la reconnaissance mutuelle, par l’amitié territoriale.

Cette logique vaut aussi à l’échelle internationale. L’amitié entre les peuples repose sur une règle simple : le droit, la vérité, le respect. Quand la France renonce à nommer les crimes, quand elle ferme les yeux sur les violations du droit international, quand elle accepte l’impunité, elle trahit cette amitié-là aussi. Elle trahit la parole donnée. Elle trahit l’idée même d’un monde commun.

Alors ce soir, dans cet esprit de vœux, je veux formuler des souhaits simples, mais profonds. Je nous souhaite de préserver et de renforcer nos amitiés — personnelles, politiques, territoriales, internationales. Je nous souhaite de garder la franchise comme boussole, parce qu’il n’y a pas d’amitié durable sans vérité. Je nous souhaite le courage de tenir nos engagements, même quand c’est difficile. Et je nous souhaite des victoires collectives, parce que c’est ensemble, et seulement ensemble, que l’on rend au peuple ce qu’on lui doit.

Merci Nadège pour ton invitation, pour ta loyauté, pour cette manière de faire vivre l’amitié jusque dans l’institution.

Et à toutes et tous, je souhaite une année de liens renforcés, de paroles vraies, de solidarités concrètes, ici, entre Paris et sa proche banlieue, et partout où l’on refuse de renoncer au commun.

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