Question écrite au gouvernement
Adressée au Ministre chargée de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Fin annoncée du financement national des SEC-Pa dont celui de Paris-Belleville
Mme Sophia Chikirou attire l’attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur la décision annoncée de mettre fin dès le mois d’avril au financement national des structures d’exercice coordonné participatives (SEC-Pa), relevant du cadre des expérimentations dites « article 51 » de la Loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, décision qui reviendrait, de fait, à interrompre l’expérimentation au niveau national et à provoquer la fermeture de l’ensemble des structures concernées en France, dont la Maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) Pyrénées-Belleville dans le 20e arrondissement de Paris.
Les SEC-Pa ont été créées pour permettre, dans un cadre dérogatoire, de sortir partiellement du paiement à l’acte afin de financer des missions indispensables à l’égalité d’accès aux soins et à la réduction des inégalités sociales de santé, missions qui ne sont pas prises en charge par les modes de financement classiques, comme la médiation en santé, l’interprétariat professionnel, l’accompagnement social, la coordination médico-psycho-sociale… L’expérimentation a été engagée à partir de 2021 et a concerné 26 structures réparties sur le territoire national.
Ces dispositifs ont fait l’objet d’évaluations et de retours largement décrits comme encourageants et pertinents, précisément parce qu’ils permettent de réduire le non-recours, d’améliorer l’accueil et l’orientation des publics les plus vulnérables, d’agir sur la prévention et d’éviter des prises en charge tardives. La MSP Pyrénées-Belleville était ainsi devenue une référence du soin de proximité, dans un quartier populaire où les besoins sont immenses, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle une phase transitoire avait d’ores et déjà été ouverte, afin de préparer une pérennisation et une intégration dans le droit commun, comme cela avait été promis.
Cette fermeture brutale, décision prise sans concertation des structures concernées, va se traduire par la suppression de missions de santé essentielles, avec un risque majeur de rupture de parcours pour de nombreux patients et de sortie du système de soins pour des personnes déjà confrontées à des obstacles sociaux, mais aussi par de nombreux licenciements (sept salariés spécialisés dans le seul SEC-Pa du 20ème arrondissement de Paris),
Cette situation s’inscrit dans un contexte budgétaire précis. L’austérité organisée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, prévoyait une évolution de l’ONDAM largement inférieure à la dynamique des besoins de santé, représentant environ trois milliards d’euros d’économies par rapport à l’évolution tendancielle des dépenses nécessaire pour répondre aux besoins. Ces fermetures en sont une conséquence concrète. Le budget de la sécurité sociale 2026 pèse directement sur l’offre de soins de proximité et sur les structures de soins primaires, dans un contexte où de nombreux centres de santé et équipes de terrain alertent déjà sur leur fragilité financière, au détriment des patients et avec, à terme, un report coûteux vers l’hôpital et les urgences.
Dans ce contexte, Mme la députée demande de lui préciser si le Gouvernement confirme l’arrêt annoncé du financement national des SEC-Pa à l’échéance de fin avril 2026, d’en indiquer les fondements, le calendrier et la méthode retenue et de dire explicitement si cette décision revient à mettre fin à l’expérimentation SEC-Pa sur l’ensemble du territoire, en détaillant le nombre de structures concernées et les conséquences attendues pour les agents, qui risquent le licenciement, et leurs missions.
Elle souhaite également connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre pour éviter que les restrictions budgétaires de l’ONDAM ne se traduisent par des fermetures de centres de santé et par l’affaiblissement durable de l’offre de soins de proximité, notamment dans les quartiers populaires.