Alors que le 1er mai est le seul jour obligatoirement chômé en France, fruit d’un siècle de luttes sociales, le gouvernement a trouvé une nouvelle manière de s’attaquer aux droits des travailleurs. Ce vendredi 10 avril, Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République a présenté en hémicycle un projet de loi visant à ouvrir une brèche dont nous savons qu’elle s’étendra progressivement.
En prétendant étendre les dérogations au droit à la journée chômée du 1er mai à un ensemble de secteurs professionnels (la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate, la vente de produits alimentaires au détail, la vente de fleurs naturelles, et les activités culturelles…), la droite réalise une nouvelle dérogation au code du travail.
Le travail volontaire n’a jamais existé en raison du “lien de subordination inhérent au contrat de travail”, et ce d’autant plus dans les TPE. En ce sens, le syndicat des Indépendants et des TPE alerte sur “un volontariat juridiquement fragile” dans les TPE. L’adoption de cette PPL met en danger tout salarié qui revendique son droit au jour chômé.
Coup de force démocratique et antiparlementaire
Le gouvernement et ses alliés de droite ont encore usé d’un stratagème anti-démocratique : un 49.3 parlementaire. En effet, le groupe Ensemble pour la République a déposé une motion de rejet préalable… sur sa propre proposition de loi, afin d’empêcher tout débat à l’Assemblée nationale. Son objectif est donc de passer en force contre l’avis des députés afin de profiter d’une dernière navette favorable à cette loi en commission mixte paritaire.
Ce passage sans débat est d’autant plus grave que les organisations syndicales s’opposent unanimement à cette PPL. Nous nous tenons aux côtés des forces syndicales et défendons une vision plus large avec le programme que nous portons : celle d’une société qui ne réduit pas l’individu à sa seule valeur productive, avec notamment le rétablissement effectif des 35h et la généralisation d’une sixième semaine de congés payés pour tous les salariés.
Soyez assurés que nous continuerons à défendre nos acquis sociaux et à nous battre pour en obtenir de nouveaux.